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Autodidacte, pluridisciplinaire, Mayeul Irlinger utilise dans son travail le collage, l’impression, l’installation et la performance sonore.

Au début des années 2000, il commence par expérimenter la peinture dans un collectif artistique et découvre le lettrage en négatif par masquage. Il y remarque les possibilités de créer des motifs complexes à la fois sophistiqués et bruts; les premières peintures étaient réalisées dans des lieux informels (rue, hangar, friches industrielles). Aussi les trois outils de prédilection viennent logiquement du monde urbain et industriel: bande de masquage de peinture en bâtiment, peinture acrylique et rouleau. Il reste fidèle à ce principe de réemploi de matériaux «non-artistiques» du quotidien en peignant sur des planches de contreplaqué et d’autres supports trouvés dans les bennes de chantier ou dans la rue. Qualifiant sa pratique «d’abstraction informationnelle», il retranscrit le tissage visible et invisible des interactions du vivant: la vie perçue comme un réseau de plans d'existence interconnectés: tissu relationnel et social, culturel et religieux, technique et informationnel, énergétique et atomique  (valeurs collectives, modes, égrégores, micro-ondes, électricité, atome). La couche d'informations la plus subtile (symbole du vide créateur) est représentée par les saillies blanches figurant systématiquement aux premiers plans des tableaux: les seuls éléments libres des compositions.

 

Fortement inspiré par son expérience de sérigraphe, il a développé une technique en «négatif» de strates accumulées alternant masquage au scotch et couches de peintures (acryliques et bombes) sur contreplaqué. Les nombreuses couches sont ensuite arrachées, révélant des compositions dynamiques et vibrantes. Émergent alors de grandes compositions texturées, on y voit un paysage organique, plus ou moins chaotique, rassemblé ou éclaté. Chaque peinture semble être un instantané d’un tissage d'événements; une photographie atmosphérique, reflet de l’ambiance

d' actions entremêlées et figées  dans le temps.

 

Mayeul Irlinger développe aussi une performance sonore partant des mêmes principes afin de créer un «tissage sonique» dialoguant avec son travail visuel. Les sons proviennent d’objets du quotidien, trouvés ou chinés, amplifiés au moyen de micro-contacts et organisés en couches texturées multiples. On retrouve le modèle du tissage et des strates entrelacées; seule différence: là où  la peinture campe dans l’espace, le son apparaît et s'évanouit aussitôt. Faire dialoguer ces deux médiums nourrit l’idée d’un tissage plus large encore, combinant informations tangibles (lentes et denses) et informations subtiles (rapides et éthérées). 

 

Engagé aussi dans la pédagogie et l’éducation populaire, Mayeul Irlinger a initié de nombreux ateliers artistiques destinés à divers publics, enfants et adolescents, publics en difficulté, interventions en centre psychiatrique, centres et foyers d’accueil etc.

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